Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Et Forecomers. Ça me plaît beaucoup que tu sentes ce « fil de
concentration », et j’ai ri aussi : car, si je comprends on ne peut mieux que tu puisses mesurer l’importance de cette réalisation technique, je te revois travaillant à la maison de Krishna… René et moi n’avions vraiment pas l’impression d’une « inaptitude » en toi ! Il est tellement évident que l’absence d’un « bagage » de connaissances techniques n’existe pas face à l’expérience concrète, physique qui est la tienne. Et puis, il est également sûr que cette expérience laisse nécessairement des traces précises en toi dont tu n’as peut- être pas une mémoire mentalisable ou verbalisable, mais physique, corporelle… (Tu me diras combien de pièces sont prévues ?) Autre chose en ce qui concerne ce nouveau travail : ce que tu me dis de la manière vivante dont les « oppositions » à ton égard ont été traitées. Alors là, je me répète, excuse-moi, mais je suis convaincue que ta lettre (cette action « pour ») continue à avoir des effets, à travers des gens, des forces. Si l’opposition en question fait aisément boule de neige, selon un processus bien connu, ta réaction elle-même peut fort bien aller en boule de neige à contre-courant (un « contre » très vivant, justement). Quant à ce que tu m’écris à propos, ou plutôt à l’occasion de Pnina, je crois très bien comprendre ce que tu veux dire ; néanmoins j’ai le sentiment que je ne vois pas assez le lien entre « relation » et « contact réel »… Enfin, tu me diras, si tu le veux ou quand tu le voudras… Et moi, je range, je range, je range, je trie, j’élague, je jette, je nettoie, j’élimine, je sélectionne… et – ô miracle – René est pris d’émulation, il supprime, déchire des brouillons et paperasseries incroyables.
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