Lettres à Divakar jusqu'à 2005

- Une troisième, directrice d’un centre de soins et d’hébergement pour adultes perturbés, milieu familial évolué ; ayant fait une première analyse avec un titulaire de chez nous, et que j’ai donc eue en deuxième analyse. Vivant secrètement avec un Double et me disant un jour : « Dire qu’il (le 1 er analyste) n’a jamais su que j’étais avec mon Double sur le divan ! » C’est elle qui m’avait dit avec une grande émotion : « c’est avant… j’en suis sûre, avant… ». Ajoutons qu’elle a vécu avec une femme homosexuelle pendant plusieurs années. - Une quatrième enfin, s’étant « choisi » pendant l’adolescence un Double à travers une femme représentant un idéal ; choix en réalité préparé par un évènement traumatisant de l’enfance ayant en quelque sorte rendu nécessaire, et préformé l’image du Double. … C’est important ce que tu me dis sur la qualité de l’émotion en tant qu’appréciation du niveau auquel le phénomène appartient. J’aime ton image d’une « souveraineté qui échappe et appelle à la fois ». Et il est sûr que le spectre inacceptable de la séparation, du morcellement aussi, est créateur du Double, ou de Doubles… Le travail peut-être le plus difficile que j’aurai à faire sera de transmettre ce que tu exprimes autour de « l’intégration évolutrice et transformatrice »… ou encore d’une « compréhension encore voilée, … ou qui se refuse… ». … Comme je te le dis plus haut, je me sens plus concrètement proche encore de ces … comment appeler ça, votre place, votre situation, votre équilibrisme quotidien, votre infinie patience aussi, et votre confiance à toute épreuve c’est le cas de le dire… au milieu de ce condensé fabuleux d’intérêts, qui sous des aspects et des visages apparemment divers, sont d’un même et uniforme niveau de régression particulièrement obscur, il faut le souligner.

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