Lettres à Divakar jusqu'à 2005
pour les divers « cas » que je me propose d’offrir à mes lecteurs. Je suis drôlement contente…
Lundi 22
J’ai naturellement relu et relu ta lettre. Tu peux être sûr que je n’ai nullement exagéré, embelli mon sentiment à propos de tes réflexions sur le Double. Ni sur l’usage qu’elles vont me permettre. Il est tout à fait vrai que tu m’en parles comme par « expérience », ta compréhension s’identifiant à celle-ci. Il faut savoir que, pour beaucoup, le Double c’est quasiment du chinois. Certains, j’en suis convaincue, sont prêts à penser que décidément ces psychanalystes vous sortent n’importe quoi de derrière les fagots… J’ai rarement évoqué ce sujet ; seulement pour les quelques uns qui, sachant que je prépare un livre, m’ont demandé sur quoi. Tes réflexions situent bien les « cas » auxquels je vais me référer : - Une obèse (très joli visage, soignée, intelligente, orthophoniste pour jeunes enfants ayant des retards du langage) ; terrifiée dés qu’elle perd 1 kilo de crainte de ne pouvoir s’arrêter sur la pente vers l’anorexie, et la mort. Evidemment cliente assidue des pâtisseries où elle achète deux mêmes gâteaux : apparemment pour avoir l’air d’être « avec un homme », en réalité … pour puisqu’elle mange ces deux gâteaux, on pourrait penser « logiquement » que le jumeau est dans son propre ventre… Tu imagines les interventions de gens épris de rationalité pour ramener cette femme à la raison… - Une autre, avec une tendance à l’obésité, - particulièrement intelligente celle-là, et fine – dont la secrète image du Double s’est révélée recouvrir le fantasme de l’auto engendrement représenté par l’accouchement d’une part d’elle-même. le jumeau qu’elle imagine avoir tué dans le ventre maternel en lui prenant toute la nourriture. Or,
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