Lettres à Divakar jusqu'à 2005
1 er août 2001 – Les Prévôts
Aimé,
… Alors, tout d’abord : la maison est belle, claire, paisible… … Hier nous sommes allés sur la plage de Saint-Jacut et y retournerons tout à l’heure. Mer haute toute irisée ; mer basse découvrant les fonds mousseux vert foncé. Et je ne m’étais jamais rendu compte à ce point – sans doute en avais-je moins besoin ? – de la profondeur du silence de ce lieu. Une paix infinie et pénétrante. J’oubliais : le figuier, depuis les coupes que tu as faites, se développe magnifiquement, c’est un vrai grand arbre ; quant au tilleul, il ne se sent plus d’aise ! Cet été je m’occupe de mettre en route les travaux de raccordement pour le tout à l’égout, les canalisations de base sont terminées depuis peu ; et de prévoir plus concrètement le chemin. Tout cela réclamant un étalement de la trésorerie… … Christiane et Aniela chacune téléphonent régulièrement : une marque de vigilance pour m’assurer de leur … protection. Alors, René ? Il semblerait que depuis hier ça aille sinon mieux, du moins … moins mal ! Je tente au maximum de remettre en marche, chez lui, des fonctionnements ; c’est essentiel au point où il en est arrivé ; les contenus on verra plus tard, si possible ! C’est une régression psychique, mentale, corporelle majeure. Un repli qui gagne du terrain sur toutes les activités « de vie ». Il faut voir cela – autrement qu’à travers certains patients – pour accepter cette notion de « pulsion de mort », ou plus exactement pulsion de « destruction », besoin d’un « retour à l’inerte ». Il y a quelque chose d’implacable dans ce processus, dont je pense qu’il doit y avoir un terme correspondant dans la vision de Mère et d’Aurobindo ? Au niveau des forces
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