Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Et il y a les marches, bien sûr. Pas encore très faciles : par exemple je suis allée jusqu’au bassin du grand Luxembourg, c’était un peu juste, pour le retour surtout ; ça ne m’inquiète pas, je « gagnerai »… J’attends avec impatience l’arrivée d’un temps clément : pour l’heure, froid (7°), vent, pluie sans presque d’arrêts. Lorsque je dis « gagner », je n’ai aucune intention d’y mettre un « effort », mais au contraire si je puis dire, de la souplesse. Ta lettre. Ainsi que je l’ai dit, aussitôt reçue, elle m’a apporté, transmis une grande force. Avec à la clé une image mentale, une « représentation » comme il m’arrive d’en avoir dans certains cas, très linéaire, simple : une ligne (un seuil) et moi qui me hisse au-dessus, vers le haut. Certainement à jamais inscrite en moi, et par exemple je me surprends, dans les aléas de la quotidienneté, à tourner autour de ceci, cela, ou bien alors … je me hausse au-delà, au-dessus : rien de tel pour relativiser bien des choses ou les voir se volatiliser. Tu m’as haussée et permis de « travailler » (ce que je fais encore) à intégrer, plutôt qu’à éloigner cette période comme j’avais l’intention de le faire. En fait il vaut mieux l’éloigner à l’intérieur plutôt qu’au dehors… … Il n’y a pas un mot, un éclairage, qui ne me touche profondément… Il y a plein de mots qui me parlent intimement, et encore une fois me rassurent en répondant à mes besoins (souvent sous-tendus durant cette singulière, inattendue, violente période d’une crainte, parfois d’un affolement, parfois encore d’un « laisser-aller », d’une sorte de démission qui, en elle-même, me navre…). Et pourtant, il est vrai que j’ai senti – sans avoir la force de le mettre toujours au devant de moi – tout ce que tu m’écris de toi, de ta propre expérience, solidaire, à l’unisson de la mienne, et qui me sécurise pour toujours… Jeudi
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