Lettres à Divakar jusqu'à 2005
… Après, cette fois-ci, ton appel de ce matin : ton aile protectrice parvenue jusqu’ici ! Un baume, vrai de vrai ! Mon laconisme obligé m’a évidemment gênée. Mais, il faut faire avec, comme on dit ! Que dire, que dire ? La rapidité avec laquelle tout cela évolue est là… Bien que j’aie l’habitude de tenter constamment d’atténuer ses tendances à l’exagération, je suis bien forcée de croire et de respecter ce qu’il ressent lui- même de certaines détériorations. Hier, nous avons dû aller à Dinard chez un pharmacien ; à un moment il a dû quitter mon bras et marcher devant : au milieu de cette foule d’estivants, ce très vieux monsieur avançant péniblement, j’en ai eu le cœur serré, serré. Il ne faut plus qu’il se trouve dans pareille situation, ça non !... … Et maintenant, moi : j’arrive donc à marcher chaque jour près d’une heure, pas loin de la maison, à partir d’une jolie petite route. Je travaille, un peu, et lis, et prends des notes ; et je conduis, un peu, ce qui ne me déplait pas… … Et, oui, je dors bien, vu que René qui doit prendre des calmants, dort bien lui-même et ne me réveille pas… … Oui, les choses s’accélèrent. … Il y a des moments où je refuse d’entendre les mêmes mots implacables ; ce qui est positif, mais un temps seulement… … Pierre est venu nous accompagner pour une consultation avec un neurologue de Saint-Malo… On est dans la panade ! … Je suis profondément d’accord avec ta réflexion très juste et profonde lorsque tu m’écris à propos de « l’action thérapeutique … si pauvre et limitée … où l’on est persuadé de chercher le remède dans le circuit même que la souffrance dénonce… ! ». OUI. J’en tiendrai sûrement compte. Lundi 7
1382
Made with FlippingBook flipbook maker