Lettres à Divakar jusqu'à 2005

présente mais … libre. Pas toujours facile, lorsqu’en même temps on souhaite « partager », soulager. Laissant donc remonter mes souvenirs, je crois comprendre que le rôle de soignante (ce que je nomme ainsi faute de mieux) ne m’est pas tout à fait et pleinement accessible lorsque j’ai été en contact avec une certaine violence et une ambivalence de tel être. C’est comme un toucher qui induit une certaine réserve en moi, ou distance. Enfin, tout ça, ce n’est guère facile à expliquer, ou plutôt à nommer… Et les chemins sont si variés : j’ai repensé aussi à Christiane ; cela est évident et je le sais, que c’est à travers, par le canal de son lien à Francis année après année que ses sentiments maternels – à l’égard de ses enfants – ont pu s’éveiller … et se concrétiser. Cette fois après notre coup de téléphone des Prévôts. En huit jours que de vagues ! … Je dirais qu’il n’est plus question, comme je le fais au début de ma lettre, de « pinailler » sur mes capacités à être ou non maternante ! J’y suis amenée à certains moments, à d’autres à être ferme, à d’autres encore à être garde- malade ; prise entre (ou tour à tour) une infinie compassion et de l’agacement. Bien que j’aie eu l’occasion de m’en rendre compte, je suis cependant stupéfaite d’assister – ou de recevoir – l’énergie, la considérable force, l’ampleur contenues dans la dépression au service de l’auto destructivité comme du souhait inconscient d’entraîner l’entourage dans le désastre. … Autre exemple de l’antagonisme forcené : à la veille du départ un effondrement – « j’ai peur de partir et de me jeter à l’eau ! »… Cela lui a d’ailleurs valu une considérable colère de ma part, laquelle l’a réveillé ! Jeudi 27

Dimanche 30-7-2000

Au fil des jours, ou des heures.

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