Lettres à Divakar jusqu'à 2005
concours, à une fonction qui l’intéresse beaucoup et où elle sera sûrement très efficace, l’organisation, la pratique et la présence dans des dispensaires de banlieue avec des malades assez démunis, des Arabes souvent. Elle garde sa consultation le mardi à la Salpêtrière, le reste sera du temps plein dans des banlieues éloignées les unes des autres. Mais elle ne rechigne pas à cette idée, bien au contraire elle est heureuse d’avoir cette responsabilité, plutôt que de continuer à être soumise à une administration hospitalière qui semble être devenue invivable… ... Donc, je poursuis, tout en souhaitant réduire à l’avenir mes diverses approches du chapitre René : dans la mesure, justement, où ton regard est exactement comme le faisceau d’un phare qui éclaire tout un champ d’explorations. Une chose à souligner qui m’amène à un retour sur moi : l’une de mes difficultés se situe à coup sûr là où tu me dis ce qu’est ta petite loi-clef – « savoir se donner, se livrer à l’expérience quelle qu’elle soit lorsqu’elle se présente… » ; c’est pourquoi je me sens libérée lorsque tu ajoutes « et être plus grand que l’expérience quelle qu’elle soit… ! ». Il me faut absolument savoir utiliser cette clef dont tu me dis à juste titre qu’elle est profondément pratique. Car c’est là où je rencontre tant et tant de butées – dans la mise en pratique de tout ce que je comprends à partir de tes lettres et de nos dialogues. La vie pratique est en effet, à tout moment, un défi à la toute simple, toute élémentaire communication. Et la dépression que René pratique, en particulier actuellement, a une capacité sidérante de modeler tout à son aune… Mille preuves me donnent la conviction que c’est là où il voudrait m’entraîner, et que ma résistance le plonge nécessairement dans un sentiment de solitude. Vraiment, tu sais, je vais appliquer, chercher à appliquer pratiquement, Lundi
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