Lettres à Divakar jusqu'à 2005
sur une scène, un théâtre, son théâtre (le mot n’est pas péjoratif ici), son jeu, pour se persuader, se raccrocher à « quelque chose », se vouloir plus absolue que d’autres (aurovilliens en l’occurrence), à son entraînement comme « donneuse de leçon » vis-à-vis d’elle-même essentiellement ?…
Colette.
***
Les Prévôts, le 31-8-99
Aimé,
… Je crois qu’Aurevan doit partir le 11. Ta réponse à mes réflexions sur l’ambiguïté de Patricia qui marque peut-être ses souhaits, est tout à fait juste : on ne peut que respecter ceux-ci, et j’ai même été soulagée qu’ils l’aient été (sa famille n’étant pas très ouverte) ; quant aux souhaits d’Aurevan, ils ne peuvent être plus nets : ne pas retourner chez la mère de Patricia, et retrouver « sa » maison et « son » pays… … Je comprends ce que la présence de cet homme, Kireet, et tout ce que tu m’en dis, peut apporter comme clarté à bien des niveaux. Je comprends bien aussi cette difficulté dans l’usage des mots – oui, ce « découpage » -, pour traduire des perceptions sensibles. Et par exemple comment traduire, dans un travail comme le mien qui est en chantier, l’expérience faite dans l’intimité avec un patient ? Comment transmettre ? Pour ma part je garde à l’esprit cette notion, cette orientation : transmission. Parfois j’ai le sentiment qu’il faut oser parler, décrire, les corps qui cependant ne sont guère visibles pour l’analyste ; sauf à s’identifier à ce que celui-ci est en mesure de
1343
Made with FlippingBook flipbook maker