Lettres à Divakar jusqu'à 2005

calme et l’espace de la maison, du périmètre allant d’elle au Matrimandir, des dîners dominicaux … et de ta présence évidemment, et de ta propre maison, etc. Peut-être est-ce cette accession à la prise en compte de divers niveaux – ce « cap » que je me sens passer – qui m’amène à davantage de conscience active : la respiration par exemple ; je me surprends sur le champ consciente de mes automatismes (que tu pointais du doigt chaque fois que tu me voyais … bouche entr’ouverte) et dont jamais je ne m’étais rendue compte… Je continue mes exposés, pour que tu me donnes ton attentif et efficace et soutenant « coup de main ». Lorsque je me sens mieux, ou presque bien, ou bientôt défatiguée, je vois naturellement les choses tout autrement, comme un autre ajustement de l’objectif. C’est même très frappant combien notre point de vue sur les choses dépend de l’état de notre corps… Ainsi me parait-il impensable de ne pas retourner à Sincérité. Mais – et il y a là une nuance que j’aimerais savoir transmettre -, ma santé sera le guide : autrement dit je ferai ce qu’il faut pour me responsabiliser. La nuance est là : plutôt que d’être écrasée, comme je l’étais, écrasée et sans distance, je me sens comme plus libre. Et – c’est tellement saisissant ces mouvements – je sais aujourd’hui que je ne suis plus seulement « là-bas » (à Sincérité) comme il m’est arrivé si souvent de le dire …, mais « de là-bas » aussi … Quoiqu’il puisse arriver, c’est en moi. Peut-être est-ce le mouvement, l’un des mouvements, de la tranquillité… J’ajoute (les différents moments de notre dialogue restant un peu compacts), je voudrais savoir : lorsque tu m’as demandé tout directement si je pensais revenir, cela correspondait-il au fait que tu me sentais craintive à l’idée de ce voyage indiscutablement fatigant (faut-il dire, Lundi

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