Lettres à Divakar jusqu'à 2005

réalité autre, plus tranquille, plus respectueuse du temps et de soi. Quel repos et, justement, quel gain de temps !

J’ai donc repris hier mon rythme du 27, sans trop de mal (la difficulté c’est l’absence de la mer, des peupliers du jardin, de l’air pur…)… Repris également hier mes séances de travail chez le kinésithérapeute ; il a la bonne idée de me fournir des images qui s’adaptent bien à mes possibilités – ou à mes faiblesses si l’on veut… ! C’était par exemple hier la vision du fil à plomb selon une ligne transposée à l’intérieur du corps, allant de la base de l’oreille via l’épaule, la hanche jusqu’au milieu de la voûte plantaire. Recherche aussi, toujours, du centre de gravité, en marchant, montant ou descendant un escalier, s’asseyant ou se relevant, etc. Ces suggestions inspirées évidemment par ce qu’il remarque de mes mauvaises tendances ; c’est coriace, ces mauvaises habitudes ! Mais il y a heureusement une bonne complicité entre mon désir de « tenir le coup » et la conscience que j’acquiers de mes carences ou défauts… Flux et reflux, il faut bien ramer (comme tu le dis de « chacun entre les instants de vérité »). … A propos de René… je crois en définitive que la seule personne en mesure d’apprécier l’impact de ce Parkinson, c’est moi. Lui se montre décidément incapable d’établir quelque lien que ce soit, trop occupé à faire l’éloge du seul Présent, sa philosophie pour ne pas dire idéologie, - c’est-à- dire, le plus souvent, une façon de vivre ses impulsions. Après tout c’est ainsi qu’il vit et, souterrainement, évolue en toute bonne inconscience. Je n’ai pas, ou je n’ai plus à tenter de l’éveiller avec mes propres expériences, c’est un excellent enseignement qui vient de m’éclairer. Je te parlais plus haut de l’adaptation comme moyen de se libérer (et de libérer le proche) : c’est cela l’enseignement que j’ai « reçu » cet été. J’ai cessé d’entrer dans le déroulement, et surtout l’instantanéité de ce « tout et le contraire » de ses pensées ou besoins du moment, ou même de la seconde ; cessé de me prendre au piège de son

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