Lettres à Divakar jusqu'à 2005

tout cas, telles que je peux actuellement les voir et les ressentir)… … Petite notation te concernant : il est amusant que, lorsque j’ai fait allusion il y a un ou deux mois à ta « brièveté », j’avais pris mentalement comme point de départ Ana : je la revoyais à l’heure du déjeuner assise seule avec Amrita, « quêtant » manifestement un mot (ou plutôt plus qu’un mot) de toi, qui restait silencieux ou bref. Je me sentais mal à l’aise pour elle. Il est évident que si tu as besoin, comme tu me le répondais dans ta lettre, d’une « confiance inconditionnelle », … les comportements d’Ana (je viens d’en faire l’expérience) peuvent entraîner le besoin d’une distance ! On pourrait s’amuser à la taxer d’un soupçon de masochisme lorsqu’elle venait ainsi à l’heure la plus dérangeante en quelque sorte pour toi. Cela dit, mon bon cœur n’est-ce pas (ajouté au souci que je te manifestais de ne pas t’exposer « pour rien » aux projections des uns et des autres) me pousse à te dire « ne la déroute pas trop » quand elle vient avec son flot étonnant, son urgence, son intensité anachronique, etc. … Bon. J’abrège… ! … Patricia t’apportera un étui pour l’appareil photo et des pellicules mieux adaptées, parait-il, à la lumière aurovillienne. Voilà. Ci-jointes photos des 2 massifs bleus qui nous ont fait une belle surprise à la Pentecôte aux Prévôts, et de la promenade dont je t’ai parlé.

Je t’embrasse tout plein, fort,

Colette.

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