Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Comme je te l’ai écrit, je n’aime pas quitter la maison, la mer, cette infinie diversité du pays. Mais cela ne m’ennuie pas de retrouver mes activités, et bien sûr … les fleurs du Luxembourg.
Je t’embrasse fort, et avec plein de tendresse, avec toi,
Colette.
***
Mardi 10-9-96
Aimé,
J’ai ta lettre du 25-8 … et la superbe photo des graines rouges est là, devant moi, sur mon bureau.
…Notre dernière journée en Bretagne, je te la transmets car elle m’a marquée spécialement. Cela se passe au-dessus de la baie de Cancale dans un château manoir, pas du tout le genre d’une malouinière, mais d’une immense maison à multiples tourelles, comme on en faisait autrefois dans la région, avec un jardin pentu tout fleuri. Il y a là un restaurant raffiné om nous allons à l’arrivée et au départ. Or donc on prend le café sur une sorte de belvédère d’où on découvre la baie, c’est-à-dire la mer qui montait le long, non pas tant d’une plage que dune infinie bande de sable, sans la moindre maison, jonchée de coquillages. Et cette mer : à l’horizon une barre bleue, puis une succession de verts devenant, au bord, une lumière qui fondait, ensemble, l’eau, le sable, le ciel. Atmosphère singulièrement onirique. A un moment un client de ce restaurant est monté jusqu’à nous : il n’en revenait pas, répétant « c’est sublime, oh là, là ! »… Un tableau qui a mis en mouvement en moi toutes sortes d’éveils d’un niveau fait d’impressions peut-être anciennes,
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