Lettres à Divakar jusqu'à 2005

me le dire ainsi me parait être une ouverture pour moi- même. Enfin, il y a toujours et toujours des progrès à faire. Et c’est tant mieux. Simplement il faudrait quand même une autre vie !

Vendredi 23

Je suis cuite : couleur caramel. Effet de notre promenade en mer… : c’est incontestablement très beau… Au retour, nous avons dépassé un bateau gréé avec les anciennes voiles rectangulaires ; en nous retournant on le voyait avancer lentement vers Saint Malo … une impression de Noblesse. Il y a comme ça des impressions, des sensations qui entrent en relation, en communication avec ces grandes choses. Aniela est repartie tout à l’heure ; hier soir elle m’a aidée à la petite réception des voisins comme je le fais chaque été : un apéritif et des petites préparations dont elle a le secret. Je reprends mon travail jusqu’à … l’arrivée de Guite lundi pour trois jours… … J’aime être ici … j’aimerais y rester davantage, mais ça ne m’ennuie pas de reprendre mon habituel labeur. quotidiennement… ; à Paris, de notre vie de privilégiés, et malgré la présence dans les rues des « sans domicile fixe », on ne la palpe pas dans son fonctionnement. Ce qui la rend concrète ici c’est la diminution importante des vacanciers, le maigre approvisionnement des commerçants qui voient leur clientèle fondre jour après jour, la disparition des petits artisans … Les cultures : on ne voit plus dans les champs que du maïs exclusivement pour le bétail… Bref, difficile de faire comme si la crise n’était qu’un mot destiné aux financiers et aux gouvernements… J’ai été frappée cette année par l’évidence de la « crise », dont la télévision et les journaux nous parlent

Ce serait bien qu’Auroville tienne le coup dans ce monde plutôt mal en point, et qu’elle soit la percée indispensable !!!

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