Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Une, d’abord… à chaque moment où je le peux, je m’imprègne du Luxembourg ; ce matin je pensais à toi devant un long massif assez extraordinaire – les jardiniers les renouvellent à chaque saison. Cette fois c’est une harmonie inattendue de tous les petits arbustes gris, de tous les gris, avec ici et là des œillets d’Inde jaunes, puis en bouquets légers des cosmos violets… Donc, dîner vendredi dernier chez Guy et Catherine avec Francis et Christiane : agréable. Un appartement trop plein de petites pièces, mais avec une grande terrasse qui domine Paris, emplie de feuillages et de fleurs. J’ai été un peu – et même assez désorientée, lorsque Guy nous a ouvert la porte : je me suis crue projetée devant Jacques Henri ; un mimétisme surprenant, pas tout à fait plaisant tant la métamorphose semble profonde… Francis se préparait à son voyage de huit jours à Sarajevo ; un peu fatigué. Il rentre dimanche prochain et se rendra à la Cartoucherie où il rendra compte de ce voyage qu’il fait en compagnie, entre autres, de trois des comédiens qui ont fait la grève de la faim… Et puis lundi dernier nous avons déjeuné toutes les deux Christiane et moi ; nous sommes restées trois heures ensemble. Il est bien vrai, ainsi qu’elle le dit, que je suis la seule personne avec qui elle peut parler sans restrictions, librement. Et moi je m’exprime avec elle en toute confiance. Elle se sent actuellement très fatiguée ; pour beaucoup, le rythme de Francis qui crée comme une sorte de tension, etc. Il y a eu aussi la nécessité de sa présence auprès de Patricia, et les allées et venues des uns et des autres…
Vendredi, 10h
Christiane vient de m’appeler : Patricia et Jean Yves viennent de prendre leurs billets pour Auroville – le 16 novembre… Le neveu de Christiane, médecin attentif, surveillera Patricia à travers des envois d’analyses et
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