Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Pas facile d’exprimer tout cela, pas facile de tenter d’établir des liens entre une pensée par définition limitée, et des perceptions. Peut-être suis-je là en train de souhaiter trouver une sorte d’homogénéité, alors qu’il faut accepter l’hétérogénéité, la dé liaison pour relier, le saut pour trouver de nouveaux passages… Je ne pensais pas t’écrire si longuement sur ce doux et brûlant sujet ! Et dire que ce pourrait être une ébauche incomplète à partir de laquelle j’aimerais à présent mieux te dire, mieux m’exprimer. A toi de faire le tri ! Allez, je vais me faire plaisir en établissant des liens : il y a quelque chose en moi qui s’établit, de l’ordre d’une culture, non pas du tout pour combler mes… « déficiences scolaires », mais une ouverture, une curiosité, une réponse. Une réceptivité surtout, lorsque la masseuse me transmet son émotion, et sa connaissance intime de la peinture ; de la même manière lorsqu’un patient me transmet ses recherches de peintre pour trouver le matériau, qu’il fabrique lui-même en mélangeant tel pigment, etc. Il y a eu Dante, il y a aujourd’hui ma lecture de Montaigne (réjouissante, saine) – non pas tous ses Essais, je ne vais pas jusque là, mais à travers une présentation qu’en a faite Francis en 1951 dans la Collection « Ecrivains de toujours ». Difficile à propos de « hauts et de bas » - et des réactions environnantes – de ne pas évoquer ceux de René… Que veux-tu, c’est devenu des cycles quotidiens, qu’y faire ? Il en souffre, bien sûr ; je suis en tout cas plus que convaincue – j’en ai eu assez de preuves, j’en ai fait assez de constats pour affirmer ma conviction -, qu’il s’est préparé au fil des ans ce piège. Néanmoins, lorsqu’il parle de processus humoraux, ou même de petites lésions, qui l’amènent à tout oublier dans la minute même, il finit peut- être par avoir raison… Et je ne peux que le laisser en paix (un mot savoureux quand on songe aux paniques qu’il
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