Lettres à Divakar jusqu'à 2005

comme une atmosphère qui m’a enveloppée et transportée avec une présence et une précision remarquables. Et d’autant mieux que le cri ou l’appel des chouettes m’a toujours, je ne sais comment dire et je ne sais pourquoi, émue – d’une émotion singulière ; cela me rappelle, là, maintenant, celle que j’éprouvais, enfant, par les nuits étoilées, toujours liées à la pureté absolue de l’air… Puisque j’en suis dans les « je ne sais pas pourquoi », je le dirais pour l’attrait que j’ai – tu me le rappelles – pour le Moyen Age. En effet cette époque ne me parait pas éloignée. Le « comme si j’y avais vécu » me parait, dans une première approche, non pas s’expliquer mais se relier à cette époque fertile en remuement divers où j’étais à Saint Malo (telle qu’en elle-même, avant d’avoir été détruite en 1944 puis reconstruite)…, ses ruelles. Mais il y a d’autres fils, d’autres liens… Mes périodes de gestation sont toujours actives ; à vrai dire j’espère qu’elles vont bien s’organiser, se mettre en place, car elles apportent au début une sorte d’effervescence qui pourrait être débordante. Je mets d’ailleurs depuis quelques jours un premier ordre, une base de départ ; lorsque j’aurai commencé à rédiger, je me sentirai vraiment engagée. Activité de pensée qui ne s’exerce pas seulement sur ce travail précis… : tout semble alimenter d’autres niveaux de réflexion ou de perception… Des constats aussi : la limitation que crée la confusion (qu’on peut comprendre d’ailleurs) entre spiritualité et religion (chez René par exemple) ; l’élargissement que procure le contact profondément vécu avec d’autres civilisations (les Anquetil par exemple) ; l’endormissement de la conscience… Je le savais et je le sais, bien sûr, mais le constat à partir des petits faits du quotidien ouvre plus encore l’ « esprit » !

Je suis très bien les aléas – les cheminements, les questions qui se posent -, tels que tu me les situes dans le « labeur » ;

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