Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Samedi matin, 9h – 13-5-95

Aimé,

Ce matin à 7h30 il faisait 3° ! L’appartement glacé, pluie sans discontinuer, vent. La semaine dernière, réapparition du soleil, mais… 30° étouffants ! Des écarts pareils, eh bien c’est pompant ! … Dîner avec Ilan : effaré, bouleversé par le Rwanda où il a été il y a peu de temps… Mais il a pu retourner, non sans peine, à Jérusalem : une « jubilation intérieure » pour lui, dit-il… … D’ici une semaine, nouvelles analyses pour Patricia. En attendant, elle va suffisamment mieux pour que Christiane l’ait mise au train avec Aurevan, direction sa mère. Pendant ce temps Jean Yves est auprès de Louis. Quant à Francis, il est à Quiberon ; tout seul, pour se reposer et … réfléchir (?) sur son obsession à l’égard de son organisme digestif, alors qu’il n’a rien de rien d’après les examens ! Obsession que je lui ai connue moi-même depuis nos premiers jours de vie commune ! Une petite question, importante en vérité : dans ta lettre du 12 avril, et à propos de Patricia tu évoques la possibilité, à partir, non « du point zéro, mais nu », de se « tourner et d’entrer consciemment en contact », et tu précises, « c’est un tout petit mouvement, quand on sait »… Depuis, j’y pense avec une évidente curiosité ; c’est un peu comme si je cherchais la clé de ce petit mouvement, qui se représente à moi comme un geste du corps – ce qui est incomplet. Mais on peut peut-être tirer un enseignement d’une analogie…, je tourne un peu la tête et je regarde à l’intérieur de moi, ou bien je bouge la conscience… En définitive, il y a des mots- clés justement : le mot « mouvement » par exemple.

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