Lettres à Divakar jusqu'à 2005
J’ai bien reçu et saisi ce que tu éclaires à propos des jeux de forces qui marquent le conflit « visiteurs au Matrimandir »…
… Tu écris, « tout le reste relève de l’anecdote »… Eh bien justement, voilà un type d’anecdote à laquelle je me suis prêtée un instant : en même temps que ta lettre, une de Barbara : agréable et claire, comme lorsqu’elle arrive à être bien malgré les difficultés ; sa façon, entre autres, de sentir que sa place est vraiment là, au Matrimandir. L’anecdote, c’est… ma satisfaction en lisant à quel point Barbara est saturée par les éclats d’Arjun, par la montée de ces forces en lui (dont Ruud était, dit-elle, l’observateur inquiet) ; sature aussi, selon elle, Toine… Ma satisfaction, c’était de me dire : tant mieux, ça peut aider à faire taire cette sorte d’emballement « caractériel » d’Arjun… Mais, comme tu me l’écris, à condition que chacun « saisisse le sens » de cette crise. En ce qui concerne Patricia, il y a quelque chose qui reste difficile pour moi à apprécier, à percevoir. Tu parles « du mouvement qui doit s’effectuer en elle » pour que « le chemin devienne tangible et vivant » ; ça, vraiment, je comprends bien. Ce que, par contre, je n’arrive pas à imaginer, c’est comment, par quel bout, lorsqu’il faut en quelque sorte partir à zéro en étant le jouet d’un psychisme très primitif et d’une douleur physique très forte… Comment prendre le départ, si l’on n’a pas déjà vécu un peu du travail, de l’expérience ? Comment faire ça, seule, livrée à ces forces ? Je t’ai déjà écrit à ce sujet, je sais ; mais il revient à mon esprit à cause de ça, le point zéro, l’absence d’un fond où puiser si peu que ce soit le mouvement créateur… au-delà de l’âpreté et de la douleur… Pour mon Journal : c’est l’évidence ! Je ne vois pas bien, du coup, ce qui me poussait à vouloir un Journal « spécial travail »… ; çà ne m’est pas venu à l’idée de marier les deux… ; c’est pourtant évident en effet que j’aurai là un
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