Lettres à Divakar jusqu'à 2005
la moitié au moins a été fauchée pour, apparemment, la construction d’une route… ; l’autre moitié, aux branches intactes mais défleuries, me fait penser à une protestation… … Et nous sommes aussi retournés sur le versant de la falaise de Fréhel, dont je t’avais parlé aussi ; tout est là, une mer profonde et immobile, le petit fort, et le bateau blanc posé calmement sur ce bleu ; et puis, il y avait une brume bienvenue, car elle permettait aux violets (que tu aimes tant) des bruyères et à l’or des ajoncs de resplendir – ce que le soleil d’été éteint toujours plus ou moins. … Je viens de lire le dernier livre de Camus – en réalité le manuscrit retrouvé au moment de sa mort accidentelle ; c’est donc plus un brouillon qu’un livre (aurait-il aimé qu’on publie ce texte inachevé ?) ; il y a de très belles pages. … Vu… les images des voiliers les plus magnifiques, venus de plusieurs pays, pour une sorte de régate entre Rouen et le Havre ; tous les marins au sommet des mâts, pour saluer la foule…, j’ai beaucoup pensé à toi ; d’où vient cette émotion si profonde, à les voir passer lentement, nobles, beaux ?... ! Voilà pour aujourd’hui cette petite chronique de mes débuts de vacances, je vais peut-être aller la poster à pied. Je t’aime fort et t’embrasse, à tout de suite,
Colette.
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Les Prévôts, 28-7-94
Aimé,
Ta lettre, à l’instant, du 15. Il faut, comme tu le fais, toujours, toujours me faire part des « choses ». Et que cela ne m’empêche jamais, jamais de te dire ce que je ressens ; autrement dit, donne-moi rapidement des nouvelles de toi et des effets de cette chute ! As-tu encore
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