Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Dans la maison principale, peut-être trop encombrée à mon goût, il y a un climat d’intimité, dû très certainement aux lattes de bois qui recouvrent le plafond bas et les murs, et aux petites baies vitrées qui courent tout au long… J’étais contente aussi de remarquer que les « conversations politiques » au cours des repas, que je ne peux supporter chez les amis, étaient sans commune mesure entre nous quatre à Claouey, où cela devenait un échange. … Je me prépare pour les vacances un éventuel projet de travail pour le séminaire ; et je me prépare… en cette minute même, à la séance, la dernière, d’un « patient » - je déteste dire ça maintenant… -, disons d’un compagnon en psychanalyse ; il est ému, je le sais, et moi aussi. Ce n’est pas rien, cette sorte de séparation. Hier : je fondais, canicule, fournaise (je murmure cela par scrupule, comparé à la température aurovillienne !) ; mais j’avais mon petit bleu de la night-watch du 22…, « la sphère sous la lune »… … Je suis très fière d’avoir précédé dans une récente lettre ta question à propos de l’ancien article de Francis sur Camus… D’accord comme toi sur la période « disciple de Sartre » chez Francis ; mais à mon avis il lui en reste des traces, ce qui serait normal, à travers des mots, des termes qui ne sont plus à leur place et prennent dés lors un caractère rigidifié, fixé, un peu comme des tics de langage que Christiane s’évertue à lui faire passer… ... J’aime bien ce terme de tissage que tu emploies pour définir le va et vient de l’expérience dans le travail. C’est tellement ce que j’éprouve dans mon propre travail… … Plus de place, sauf pour t’envoyer tant et tant de tendresse, Samedi 2-7
Colette.
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