Lettres à Divakar jusqu'à 2005

mouvement ; aussitôt d’accord, elle me montre comment le faire utilement ; autrement dit, je me demande pourquoi elle ne me l’a pas indiqué plus tôt, ou alors elle attend que le besoin se manifeste et elle me donne les éléments (c’est vrai aussi qu’il lui est arrivé de me déconseiller telle ou telle chose)… Voilà l’histoire que je t’ai annoncée : une patiente, de formation psychiatrique, s’est depuis longtemps consacrée aux « thérapies familiales ». Les thérapeutes, presque toujours en couple ; une famille perturbée qui vient parler, essayer de parler ensemble et avec les thérapeutes ; et le ou les enfants. Pas d’interprétations de la part des thérapeutes, mais une présence, une écoute. Il parait que c’est souvent l’enfant qui, par une remarque, fait surgir les non-dits pathologiques. Bref, voici une famille en difficulté, l’enfant également. Or, il prononce souvent, en jouant ou dessinant, ces mots : « le spectre du fantôme ». On ne sait pas ce qu’il veut dire, il ne faut pas le forcer. Tout de même ma patiente finit par lui dire : « Mais cela veut bien dire quelque chose ce spectre de fantôme ? »… Alors, le père soudain répond : « Moi, je l’ai toujours su »… Et il ajoute que dans l’insémination artificielle de sa femme (on savait bien sûr que l’enfant en question avait été procrée de cette façon), il y avait eu deux œufs et que l’un d’eux était mort très vite… Alors ?! Maintenant que l’on sait tant de choses sur la vie du fœtus, quoi penser (en dehors des réflexions que les parents auraient pu faire devant l’enfant, hypothèse un peu facile et expéditive ?...) … La suite dans ma prochaine lettre…

Je t’aime, avec toi,

Colette.

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