Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Le 8 novembre

Je n’attends pas davantage pour poster cette lettre, parce que les avions semblent avoir repris complètement, encore qu’il y ait aujourd’hui des négociations apparemment difficiles… ; et puis d’autres grèves s’annoncent ici et là, et l’idée que ça puisse de nouveau nous séparer en immobilisant nos échanges épistolaires me serre le cœur ! … Ma prochaine lettre te racontera donc les résultats de cette expérience, que tu accompagnes, je le sais intimement.

Je suis avec toi, pas à pas et tendrement,

Colette.

***

Jeudi 11 novembre 1993

Aimé,

… Tu as bien travaillé hier ; je t’avais la veille au soir et le matin même bien emmené avec moi pour mon exposé… Notre marche jusqu’à la rue Saint Jacques n’était pas très confortable : la sac bandoulière, le dossier contenant mes notes, le petit parapluie sous la pluie et le vent – mais j’avais acquis un grand calme, progressivement. Donc, cela s’est vraiment très bien passé. Pour la petite histoire, encore que ça jouait un grand rôle : ô surprise, ma voix ne m’a pas trahie, comme c’était le cas dans toutes mes expériences de groupe de travail ; une voix posée, je me demandais d’où elle venait ! Ce qui a été déterminant, c’est que, alors que l’auditoire avait été prié de lire ou relire mon article, Green l’a

1025

Made with FlippingBook flipbook maker