Lettres à Divakar jusqu'à 2005
… Fin de lettre Prévôtienne : plein, plein de tendresse et d’accompagnement,
Colette.
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Lundi 9-8-93
Aimé,
Tes deux adorables lettres… Beaucoup des choses que tu m’écris vont droit leur chemin, directement, concrètement. De nouveau à propos du « vide dans la tête », où tu opères une sorte de redressement, de rectification du rapport conscience-mental tel que, sans m’en rendre bien compte, je me représentais, c’est-à-dire selon une image quelque peu passive, facile, celle d’une « coulée » de conscience… J’apprécie beaucoup cette phrase condensée : « Notre humanité, à la fois le lieu et l’obstacle… » En la relisant, le mot « lien » m’était venu à l’esprit. Lieu, lien, ça parle aussi – et l’obstacle sûrement (que de fois ai-je l’occasion de le constater dans mon travail !). L’humanité telle qu’elle est encore, c’est ce que l’on peut s’en dire… Je voudrais te dire ma double réaction lorsque tu me parles d’une période de « crise » en toi. D’abord (le mot n’est pas tout à fait juste : en même temps, serait mieux), la réaction première, instinctive, dont je t’ai maintes fois parlé, en particulier à propos de mes départs de Sincérité ; par exemple, « je ne veux pas qu’il ait mal, comment l’aider… », etc. La seconde, qui me parait être le fruit d’une évolution, qui n’est nullement un rejet de la première, ni une dénégation, ni une critique, - mais qui la prend, qui l’englobe, la respecte. Et la transforme : c’est qu’il s’agit là d’une réaction d’accompagnement compréhensif, solidaire,
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