journal d'une transition
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Ce n’est pas un stade ‘supérieur’ ; ce n’est pas un perfectionnement de notre condition. C’est un passage dans, ou de, la Présence. Nous nous accrochons à des symboles comme à des références sûres dans un paysage fragmenté. Mais Matrimandir a choisi d’être une sphère ; une plénitude à venir : une Force consciente, sans nom… Quand l’être du dedans – celui qui nous porte plus que nous le portons – m’a ramené à Mère et que par Sa Grâce je suis rentré en contact avec cette Vibration, ce degré de Présence qui est l’eau, l’air, le feu et la terre de l’âme, le Pays, la certitude et le Sens ; quand, physiquement à Ses pieds, conscient de ce Don qui est Elle, j’ai eu 20 ans, je ne savais presque rien d’Auroville, et rien du tout d’un Matrimandir qui venait d’être conçu dans Sa Conscience. Mais je savais désormais qu’il y a un Possible, Quelque Chose qui peut, qui répond, qui rend vrai et plein ; à Ses pieds, le corps et l’être psychique deviennent un et le chemin s’ouvre : on comprend. Quand j’ai pu enfin me défaire des contrats antérieurs et revenir physiquement vers Elle, j’ai été dirigé vers Matrimandir. Ce premier instant s’est inscrit profondément : rencontre, et retrouvaille, en un temps où le futur et l’attente immémoriale se fondent. Ce jour-là commençait le bétonnage de la première dalle joignant les 4 piliers. Gérard se tenait accoudé près de la bétonnière. Il a levé les yeux, et j’y ai trouvé cette même joie de reconnaissance qui venait de monter du dedans. C’est çà : ce que nous avons à faire cette fois-ci. Ni un bâtiment, ni une cathédrale, ni une pyramide, mais le corps d’un Etre qui est venu pour Son Travail. Un Etre qui demandera nos énergies, et nous donnera la sécurité du Contact. Un Etre qui nous mènera à l’unité en nous concentrant sur la vraie Force – ce ‘nous’ sans visages et sans noms, ce ‘nous’ entier et sans limites auquel, par moments, nous appartenons… Depuis ce jour, jamais je n’ai pu m’éloigner. Même durant ces quelques périodes où il m’était clairement donné un autre travail, le lien demeurait implicite, jamais remis en question. Cet Etre qu’Elle a nommé Matrimandir, qui vient pour recevoir et canaliser la Force qu’Elle incarne, cet imperturbable Ami, est la première ancre qu’Elle a jetée, dans la matière. La deuxième ancre Elle la jeta plus tard dans nos consciences, pour qu’elles soient tenues d’apprendre, par ouvertures successives, la matière vraie, libre de la mort et de la dualité : Son Agenda. Et pourtant, autour de ces deux ancres, comme le jeu des forces exclusives s’est déchaîné ! Un déchaînement souvent si banal et si ‘normal’ qu’on ne sait plus parfois si le chemin ne s’est pas refermé : parce que ce jeu est évidemment sans scrupules, et utilise tout.
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