journal d'une transition

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37. Devons-nous mériter cet état, et le besoin d’y atteindre justifierait-il toute l’hideuse absurdité de toutes les violences morales ? (Mais attends ! Viens ! On va se reposer, on va danser par les fragments qui scintillent et rutilent au grand soleil posés là sur l’étendue et le calme, Et suivre ce vol d’oiseaux rouges à leur percée De l’abîme, Se répandre sur l’onde et tomber De nos limites, Chavirer d’un souffle et franchir La paroi, On va chercher, retrouver là-bas Mais ici Les sœurs, les amants, les mères, les enfants, Les époux, les fiancés, Tous ceux que l’on a aimés Et ceux que l’on n’a su Que fuir, Les mille formes, corps et voix de notre plénitude jamais Atteinte, Mais viens, on va suivre les traces du plus grand Moi, Et marcher, nos corps dans le Corps De Ca.) 38. La possibilité de cette ville, et d’un pays même, Elle l’avait longtemps portée, et bien des fois offerte, en cette vie comme en d’autres : une création qui serait un degré intermédiaire, l’établissement de conditions optimales pour la naissance d’un monde nouveau. A Celui auprès de Qui Elle S’était rassemblée, à Qui Elle S’était donnée, à Lui Elle voulut à nouveau l’offrir – Lui qui demandait seulement un petit nombre, cent hommes dédiés et prêts. Celui-là, dont l’amour L’avait gardée vivante, Se retira le premier, répondant à cette nécessité de se soustraire à l’attention humaine pour agir et travailler. Alors, Sa ville, Elle l’a offerte au monde, à un humain devenu planétaire malgré lui, offerte comme instrument pour cette Force répandue en tous points. Et advienne que pourra. Ce n’était plus cette création qu’Elle aurait animée. La Force nouvelle était venue et travaillait, et Elle jetait quelques graines de vérité dans le grand mouvement de son action, et on verrait ce qu’il en sortirait ; la sélection se ferait autrement, par des moyens invisibles, et à travers un processus que nul ne pouvait prédire. Les graines étaient vraies, et le besoin bien réel. Et le moment était venu. Et dans cette « ville », pour commencer, une ville qui était et serait surtout un chemin, et peut-être une porte, une ouverture concrète sur un autre regard et un autre être matériel, dans cette ville il y aurait une liberté complète. Car il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais d’autre moyen de révéler le besoin véritable et le vrai don de soi.

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