journal d'une transition

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Un prisonnier ? Une promesse ? Ou la dernière, l’ultime illusion ?

Et toute l’Histoire est aussi celle de toutes les relations que l’homme a entretenues avec le mystère de son incarnation.

14. L’Homme est multiple. L’Homme est nombreux. La première, implacable contrainte est l’autre, autrui.

L’homme est un hôte dans la matière, il n’a pas les clés de la vie. Le deuxième, implacable contrainte est la mort, la défaite du support, la désintégration de la forme et du corps.

A ces deux contraintes correspondent deux nécessités. Et ce sont deux signes du chemin.

Dans ce drame situé par l’espace et le temps, chevauchant les rythmes de la force matérielle, porté, soutenu par elle ou, vaincu, obligé de lui rendre le corps et contraint encore et encore de perdre la forme mais condamné à revenir mendier d’elle les éléments d’un nouveau corps, aveuglément mû par l’absolue nécessité de grandir et de devenir, l’homme, séparé, étranger, incomplet, victime et meurtrier de fragments et d’éclats de soi, s’est multiplié. Ignorant d’une cause commune à tous les déroulements, inconscient d’une direction centrale, libre pourtant de former ses propres entraves et seul à affronter la violence du choix, c’est dans l’espace et le temps que lentement, au battement du souffle matériel, la conscience de l’Homme en labeur enfantait le corps intérieur d’une Réponse au-dedans. 15. Par le choc et l’impact d’une infinité de conséquences vécues, transmigrant les saisons de la terre et la myriade perpétuelle et simultanée d’instants éprouvés, comme les gouttes qui, une à une à l’abri du rocher, tombent former une masse de lumière retenue, solidifiée, ou comme la lente formation du diamant en sa gangue, un être s’est lentement composé, lent épanouissement conscient de l’expérience. La lente incarnation d’une réponse, d’un émissaire, et d’un support indestructible pour plus que l’homme.

Un rire jaillit, un rire s’égrène et caracole par des couloirs et des degrés de cristal, un rire fuse à l’oreille de l’infinité.

Nous n’en sommes qu’aux tout premiers pas. Tout est devant. L’infini, l’éternité, la matière, sont les données d’un même devenir.

16. Aussi longtemps qu’une question demeure réelle pour une partie de notre conscience, cette question même se manifeste : elle arrive, elle s’éprouve, elle se passe. On ne peut jamais tricher : pour ce qui en nous s’est uni, tous les démons du drame se sont usés.

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