journal d'une transition

483

Et la trille et le battement d’ailes Et le lent ébrouement des arbres et comme l’onde de leur sève Et de feuilles virevoltantes au soleil et dans l’ombre, Le craquement, l’assèchement, le froissement Les bonds Légers Les sauts Tapis, le petit claquement d’un bec Une frottée d’ailes Encore Le bruissement attentif d’un lit de brindilles et, Dans l’écho d’allées invisibles, un grand roucoulement Tranquille. Et La clairière et l’orée La verdure avivée La terre qui rougeoie Les pétales, le mauve et la rouille Et la gamme plus obscure Des bois L’effervescence des cimes Et le doux éclatement de pourpre et de bleu, sur La pâleur de son corps, le roux profond de ses cheveux Entre les herbes. Et mes mains, là, et toute la présence de mon corps, Et du sien, la force physique de tout ce présent, La lumière d’un jour déploie la pénombre sous les branches Qui çà et là s’anime autrement d’un rayon vertical, Ou le déflecte.

L’air est doux, presque Immobile Il y a les courants de tiédeur qui s’échappent Par la trouée du bois Où Comme l’haleine d’une fraîcheur monte encore D’entre les troncs silencieux Et puis je sens Sur ma tête, mes épaules, dedans ma poitrine La calme visée De force, Le lien Qui révèle, Je sens La lumière dans mes yeux Aussi.

Avant que ne s’ouvrent ses yeux je pose ma main Sur ses paupières doucement

Made with FlippingBook flipbook maker