journal d'une transition

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*22-12-1993, Auroville : Il pleut à verses et nous devons renvoyer tous les ouvriers chez eux… Les finances sont à zéro : il y ajuste de quoi finir la semaine et payer les factures…

Madanlal est dans une curieuse position… Il faut s’unir à un mouvement plus profond…

*23-12-1993, Auroville : Le Dalaï Lama arrive, avec son entourage, un peu avant 17 heures. Sous la pluie, il marche toute la droite distance au pilier de Mahasaraswati : un être conscient. Ca se passe bien. Mais je dois me battre un peu, ici et là, avec Madanlal, avec les photographes et avec la police, pour essayer de neutraliser cette avidité si laide et réductrice, cette grossièreté en nous qui veut prendre, qui s’impose, qui veut « avoir »… et ne reçoit rien : un gaspillage misérable de l’opportunité d’un progrès… Et le contraste des deux expériences simultanées me met dans un drôle d’état : Madanlal me semble tout à coup tout petit, et aussi comme un enfant qui cherche à s’excuser… … Longue réunion avec Piero, Asha et Toine pour coordonner et planifier tout ce qui reste à faire dans la Chambre ; Piero se montre de bonne volonté, et cela fait une grande différence ! … Nous recevons les deux creusets pour la fonte du verre, et le grand réservoir d’huile… … Arjun s’en va à Delhi demain, pour deux semaines… *28-12-1993, Auroville : Ramalingam est venu ce soir ; il m’explique que, pour assurer la bonne marche de tous les travaux de construction qu’il a pris en contrat dans Auroville, il doit absolument passer chaque jour plusieurs heures à visiter les chantiers et ne peut s’en remettre à ses superviseurs comme il essayait de la faire jusqu’à présent… Il me demande si je le « permets »… ! Du point de vue d’Auroville, c’est probablement une bonne chose, car il y a le risque réel que les gens fassent appel à des entrepreneurs de Pondichéry, alors que nous essayons toujours, en priorité et pour toutes les activités, de fournir de l’emploi aux villageois qui sont voisins d’Auroville et partagent sa destinée… Mais évidemment, ça me laisse plutôt démuni ! *29-12-1993, Auroville : Madanlal ne semble pas capable de canaliser les fonds nécessaires, et il y a déjà des paiements que nous ne pouvons pas effectuer… Dans ce domaine j’ai encore bien du chemin à faire pour seulement apprendre à ne pas réagir, à être un instrument libre : la situation de tous nos gens qui ont absolument besoin de leurs salaires me préoccupe tout le temps, et le sens aigu du gaspillage qu’une interruption dans la marche des travaux causerait inévitablement… *25-12-1993, Auroville : Roger A et Jacq sont de retour, et nous faisons le tour des travaux…

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