Un Parcours

Tout le long de l’année, l’ombre portée de cette volonté de contrôle des populations humaines s’étendit et s’immisça dans tous les domaines et tous les foyers, et l’on vit se répandre les mesures les plus absurdes et coercitives au prétexte inventé de protéger les citoyens de ce fléau ; la propension collective à l’obéissance aveugle se répandit comme, justement, la pandémie dont il fallait se garder ; tout le monde à tous les échelons apprit à mentir, à prétendre au moins obéir, à répandre la peur et la méfiance ; dans les villes et les villages, on vit apparaître les cercles de craie blanche sur les routes et les trottoirs, distanciés de trois pieds, où chaque personne était tenue de se placer en attendant son tour à l’épicerie ou à la coopérative, tout en portant le masque, un masque le plus souvent confectionné de bouts de tissu récupéré… Il y avait des avantages : la circulation routière cessa presque entièrement, on pouvait souvent entendre le silence. La Nature se sentait un peu délivrée. L’Inde se prêta au jeu et, en mettant certaines de ces manufactures au service de la campagne vaccinale universelle, se fit une réputation et renfloua ses coffres. Il devint rare que l’on puisse aborder le sujet de ces « vaccins », même entre Auroviliens ; y croir e ou s’en méfier, adhérer aux arguments promus ou en rire, se plier aux conditions imposées pour garder un travail, une relation, le droit de se déplacer ou même l’harmonie dans sa famille, ou braver tous les interdits et refuser de se compromettre au risq ue d’en pâtir sévèrement, ou encore louvoyer entre les apparences en attendant le fin de l’épisode… Toute une gamme de positionnements s’offrit à tous.

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