Un Parcours

Et nous nous appelons désormais : 2021

Cette « histoire » que j’ai commencé d’écrire me sert aussi de véhicule pour aborder, en Occident, avec les moyens que donne la conscience en éveil, les méfaits et les ingérences de cette entreprise mondiale de conditionnement des hommes et des sociétés – par la peur, le désir et les besoins de la créature. Mon expérience individuelle est extraordinairement privilégiée, mon existence physique est contenue comme dans un cocon de protection harmonieuse et je n’ai presque aucun contact avec les effets de cette campagne insidieuse fondée sur le mensonge, qui pourtant s’introduit partout. C’est donc, on pourrait dire et penser, bien facile pour moi de me prononcer et de dénoncer et d’exhorter – je n’ai pa s, apparemment, à en souffrir les conséquences. Mais ce n’est qu’une apparence : il est évident que mon chemin est tout aussi exposé, mais à un autre degré de la bataille. Nous peinons, dans Auroville : les « positions » se retranchent, les arguments se délitent, les ressentiments sont exacerbés et il y a du chagrin aussi, dans les cœurs ; et il y a ceux qui ont plaisir à se sentir portés par une vague ou une autre, que ce soit une indignation « légitime » ou une rancœur mal examinée. Je ne rencontre presque personne, ne me rends dans aucun lieu commun, n‘ai aucune occasion d’exprimer ceci ou cela physiquement : ce n’est pas au temple que je vais exposer mes vues ! Pourtant, même si je me suis éloigné ou retiré de ces développements qui me semblent contra ires à l’esprit d’Auroville, la perception de ce qui anime et traverse la communauté –

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