Un Parcours
j’y assiste ; l’armée de l’Inde a dép êché des officiers pour lui rendre hommage. Ce sont des employés du crematorium de Muthialpet qui viennent opérer, d’après une méthode introduite par l’Ashram, qui utilise très peu de bois et recouvre le corps d’un mélange de paill e, de bouses séchées et de boue. C’est la première fois que je suis témoin d’une telle cérémonie à Auroville, et je regrette que ce ne soient pas « nous », les Auroviliens, qui soient à la tâche. Plus tard, je propose à l’équipe qui s’occupe du service de s soins, de la préservation et des funérailles, que l’on forme une seconde équipe qui apprendrait la méthode et se rendraient disponibles pour toute crémation ; c’est ainsi que j’i nvitai plus tard Aurevan, Grace et Anand à se joindre à moi, pour seconder Michael et Suzy qui gèrent le service. Depuis bien des années, je me suis graduellement – mais assez rapidement – dissocié de l’être vital et de ses énergies, parce que sa présence dans cette existence provoquait des troubles et des conflits ; le corps s’en est ressenti. Nous ne réalisons qu’exceptionnellement à quel point l’énergie vitale soutient l’équilibre et le bien -être du corps. Et il m’arrive de temps à autre, tant le progrès est lent et fastidieux, de regretter ce choix et ce retrait ; en d’autres circonstances, j’aurais pu me consacrer d’abord à la purification de tout l’être vital, mais la situation et la disposition des forces demandait ce retrait ; je ne crois pas que mon être vital était (ou est, là où il continue d’exister) mauvais ou dangereux, je n’ai jamais abrité dans ma conscience la moindre affinité avec une adversité foncière ; mais il était singulier, ne se pliait pas aux critères reconnus et, en cela, était ressenti par certains comme une menace, ou comme une force déstabilisante d’attraction.
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