Un Parcours

Il revient et j’étudie avec lui toute la série ; cela a commencé assez tôt après son retour de l’hôpital, dés qu’il a pu se déplacer par lui-même, quelque chose s’est logée en lui qui lui a fait agir ainsi. Il a ainsi d’abord commencé par rembourser toutes ses dettes, puis par récupérer les bijoux de Viji qu’ils avaient mis en gage (je ne savais pas qu’il s’était ainsi endetté) ; puis il a voulu réparer les clôtures du terrain que son père lui avait finalement légué (transféré en son nom) ; puis ce fut pour aider les familles de ses deux cousins, Satya et Dasan. Je lui explique que je ne crois pas à la punition, mais qu’il doit désormais trouver un travail et/ou subvenir aux besoins de sa faille en cultivant sa terre et, par- dessus tout, s’efforcer de se dégager entièrement de cette influence qui a gouverné ses choix et ses actions.

Avoir ainsi été manipulé, trompé, par l’être en qui je croyais pouvoir me reposer… il y a des moments où je hurlerais… Et comment ai-je pu demeurer si inconscient ?

Mais n’est -ce pas aussi cet élément de tromperie, de tricherie qui a envahi l’atmosphère collective d’Auroville, comme une contagion insidieuse, sous une apparence de « normalité », ces dernières années ? N’est -ce pas la raison même de mon retrait graduel, de l’érosion du sens de solidarité, d’engagement commun ? Il n’y a pas de « petit » ou de « gros » mensonge : le mensonge est un élément, toxique, décomposant, qui cherche à s’infiltrer par quelque ouverture que ce soit.

Etre humain… parfois il m’apparait que d’être humain doit adveni r comme une sorte de punition ou de test…

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