Un Parcours
Une autre nuit misérable: une toux constante, de la fièvre, un désordre intestinal, des douleurs lancinantes dans les jambes, les hanches et le pelvis… cela n’incite guère l’enthousiasme !!! Et je ne comprends pas cette absence de réceptivité aux forces d’harmonie, cette résistance dans le corps, alors que je m’efforce chaque jour et chaque heure de cultiver la confiance et l’adhésion aux nécessités d’un vrai progrès… C’est comme un sortilège ou une malédiction dans les corps : quelles que soient les réalisations, rien ne peut changer dans ce monde tant que ce tte force contraire, logée dans les corps, n’est pas convertie… Cette folie destructrice et sans scrupules du « Développement » semble se déployer de jour en jour, rien ne l’arrête, elle ne respecte rien, elle est vide d’amour, elle est maligne et vicieuse et incontrôlable mais, parce qu’elle promet à tous plus de conforts et de plaisirs, obtient le soutien collectif en tous lieux – ou presque… Presque chaque jour je dois démonter, détacher, déterrer, décoller, un panneau ou une affiche ou une réclame quelconque, et même les communistes locaux s’en mêlent et ont peint leurs symboles et slogans sur le nouveau mur d’enceinte de la ferme – et Kumar, le second de Gérard et Bitti, qui connaît ces gens, n’ose rien faire, de crainte d’être leur cible… Il pleut, il pleut… Perumal me demande de nommer son premier-né, un garçon : c’est un peu compliqué, parce que sa famille est très traditionnelle et tient à obtenir l’avis des astrologues et le choix d’un nom doit se conformer à tant de règles qu’on y perd la tête, à moins d’être un mouton ; pourtant, il tient bon et je le nomme : Drishnu.
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