Un Parcours
De plus, par besoin d’équilibre je suppose, et le besoin ou l’élan d’exprimer un peu de ce qui concerne notre sadhana collective, pour pallier à mon absence de participation concrète et visible à la vie de la communauté, je me suis remis à écrire dans le Journal interne d’Auroville : de courtes chroniques ou observations, réflexions ou constats ; j’ai commencé par une note au sujet de la nécessité impérieuse de ne jamais mentir – dans les mots de Douce Mère. Dans ce premier article, je rappelle à tous l’intégralité du message de Mère, dont une version tronquée a été proposée comme le motto des « Nouvelles d’Auroville », après que Kireet, le Président du Comité, eu t décrété qu’il fallait les nettoyer de toute négativité, car elles circulaient partout, et jusque dans les sphères gouvernementales, et avaient ainsi largement contribué à l’image négative qui s’était greffée sur l’existence d’Auroville ces dernières années. Ainsi, au lieu de ce motto fringant « Harmonie, Bonne Volonté, Discipline et Vérité », le message entier de Douce Mère ajoute : « Je ne peux travailler avec vous que si vous ne dîtes aucun mensonge et servez la Vérité. Bénédictions. Mère » et sa portée est ainsi bien différente et concerne chaque personne et chaque Aurovilien en particulier : c’est une exigence on ne peut plus claire et incisive et son adultération dans le temps et la vie collective nous coûte très cher. Cependant, l’un des effets de la censure morale imposée sur l’expression de notre cheminement par ce récent « diktat » est d’étouffer toute observation ou tout questionnement qui risquerait de choquer, de froisser, de paraître tant soit peu contestataire ou rebelle – et alors, où allons-nous ! J’ai donc en premier lieu proposé, avec ce premier article, d’ouvrir une section hebdomadaire de réflexion et de questionnement, que chaque Aurovilien serait invité à partager, sans gêne ni moralisme, mais en observant la discipline indispensable de ne jamais diffamer.
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