Un Parcours

En fait, ce sont des femmes qui m’aident, presque invariablement, que ce soit l’assistante sociale, ou les aides infirmières à domicile, ou la dame des pompes funèbres, je suis soutenu par des femmes : F. qui s’attache à moi sans rien demander, Laure qui aime beaucoup Colette et souhaite participer (elle l’a connue lorsque le « fils biologique » de René, dont elle était la compagne jusqu’à son décès dû au sida, avait enfin rencontré son « père » naturel), Olga, l’amie fidèle et profonde et inconditionnelle… Colette me livre peu à peu ce qu’elle a dû vivre et endurer les derniers mois de la vie de René ; puis elle réfléchit à ce qu’elle souhaite vraiment, comme « funérailles » : René et elle avaient réservé (acheté) une parcelle de cimetière au Père-Lachaise, selon le souhait traditionnel de René ; la « concession » était prépayée ; mais voilà que Colette regarde ça et réalise qu’il n’y a ni sens ni correspondance et que ce qu’elle souhaite vraiment est de revenir à Auroville et par conséquent, que son corps soit incinéré et ses cendres mises en terre d’Auroville. Je reviens à Ganesh, au jardin, à mes révisions et nouveaux écrits. Auragni a terminé son année d’études à Melbourne et s’arrange pour venir quelques semaines à Auroville sur le chemin du retour en France ; elle renoue ainsi avec ses amis d’enfance et rencontre les Auroviliens en tant qu’adulte ; elle doit naviguer entre les opinions négatives que certains croient de leur devoir de lui communiquer à mon sujet, et les rencontres ouvertes et confiantes (comme avec Deepti et Arjun, ou Bhaskar et Anand, et bien sûr Jean Yves). Elle me raconte au fur et à mesure ses échanges dans Auroville et se confie sans réserve, soulagée de pouvoir tout me dire et me parler librement

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