Un Parcours

Quel service, quel chemin ?

Dés le lendemain matin, je dirige toute l’énergie sur le travail du jardin : il y a beaucoup à faire, car je l’ai négligé ; bientôt mon ami M., qui s’est fait punir pour une rixe au travail, vient se joindre à moi et ensemble nous bûchons bien, pendant quelques semaines, et le jardin tout entier est rafraîchi et ordonné. Mais Arjun de son côté n’a pas voulu de suite lâcher prise et durant deux ou trois semaines s’est obstiné à rester en place, ce qui ne servait qu’à alimenter les jugements contre lui ; j’avais considéré un moment que nous pourrions établir une sorte de ges tion parallèle depuis la Pépinière, mais c’était trop loufoque et tortueux… Mais les uns ou les autres me rapportaient les « nouvelles » et il y avait ceux qui, comme Jean P., s’étaient de suite attaqués à démolir tout ce qu’ils pouvaient m’attribuer, que ce soit un treillis pour les rosiers grimpants ou un escalier de service dans la structure… C’était triste et comique en même temps. Après un curieux quiproquo au sujet de Kovalan, auquel le « groupe des admissions » a fait part de ses doutes à mon égard, il est finalement reconnu comme Aurovilien maintenant qu’il a un logement dans Auroville (la maison de Colette). Je dois songer à retourner en France à nouveau: quand ? Colette a besoin de moi, sans aucun doute : René est décédé durant l’été et elle s’e st trouvée accablée par les démarches à faire, bien que soulagée aussi de ne plus avoir à endurer ses crises obsessionnelles de plus en plus aigües. Les derniers mois de la vie de René avaient été une expérience infernale pour lui, pour Colette et pour leurs amis proches, particulièrement Olga et Maurice, qui se souciaient beaucoup pour la sécurité de Colette et

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