Un Parcours

Abha a pris son souffle et écrit une lettre ouverte flamboyante – cette minuscule, adorable personne, si fine et si loyale et si élégante, récuse ouvertement la position prise par les « représentants » de la communauté d’Auroville et termine avec ces mots : «… citant la réponse de Savitri à la Mort ‘O Mort, tu dis la vérité, mais une vérité qui tue ; je te réponds avec la vérité qui sauve’… Il nous faut trouver tous ensemble la vérité qui sauve, quelles que soient les obstacles et les difficultés ; certainement vous pouvez le comprendre ?! » Le 15, Jean Yves rédige une autre lettre, plus longue et détaillée, aux membres du Comité gouvernemental ; Jean Yves enseigne surtout l’histoire à « Last School » et tente ici de mettre en garde contre les positions élues par le Comité, sous l’influence de deux de ses membres, et leurs conséquences pour l’avenir d’Auroville. J’en traduis ici quelques passages : « … (pour le fonctionnement de toute société, il faut…) déterminer qui possède le verbe transcendent, ou comment l’on doit l’interpréter ; Auroville a cet unique trait, qui en fait un réel commencement pour la constitution d’une société vraiment nouvelle : la Vérité à laquelle la Mère se réfère comme sa fondation doit être découverte par l’expérience, au lieu d’être imposée d’en -haut par le mental. Et ce tte Vérité n’est pas exclusive : elle inclut tout, elle est synthétique et ainsi capable d’harmoniser ce qui semble antagoniste ou divergent… Et c’est ce trait qui fait d’Auroville une réelle expérimentation de l’unité humaine, car si les valeurs opposées ne peuvent être réconciliées dans une perspective compréhensive, si l’une doit conquérir ou supprimer les autres, alors l’unité humaine est impossible… Le processus d’harmonisation par inclusion mutuelle est donc l’une de nos directives principales, et la plus stratégique en termes de développement… C’est pourtant cette directive que le Comité, au sujet du Matrimandir, a choisi d’invalider – ignorant jusqu’aux

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