Un Parcours

quelques éléments déraisonnables qui pouvaient encore mettre en danger la nouvelle harmonie collective, individus qu’il faudrait d’un commun accord soit convaincre, soit incapaciter . Et il y a cette réunion du Comité gouvernemental, à laquelle nous sommes conviés, dans l’ancienne cantine ; une grande table sur tréteaux a été disposée, des chaises tout autour pour les augustes membres, Kireet à un bout ; nous nous tenons sur le côté, mais il y a quelques chaises ici et là, pour Kusum par exemple si elle en ressent le besoin ; je ne sais plus l’ordre des matières, mais on en vient vite au discours attendu de Kireet, qui se termine par son bras tendu droit devant lui, son index pointant vers moi : « l’obstacle, c’est CET homme ! ». Sur quoi Arjun, Kusum et quelques autres instantanément et fougueusement se dressent en protestation et demandent la parole… Mais ça ne sert qu’à éventer l’intensité du moment… Et, lorsque tout le monde s’est levé pour sortir de la pièce de façon civilisée, la Maharajah s’approche de moi, me sourit et place sa main su r mon épaule en me rappelant que, comme dans le Mahabharata, il est parfois nécessaire de sacrifier une vérité à une autre plus nécessaire pour le tout… Pnina est venue en visite depuis Vârânasî et retarde chaque semaine son retour à ses études : elle s’ inquiète de ce qui va m’arriver et se sent bien impuissante devant cet étalage de mauvaise foi… Une fois encore, je me rebelle ouvertement ; j’écris publiquement au sujet du « Roi » et de son allié dévoué, Kireet et je remets en question tout l’édifice, po int par point ; « Le Roi est nu ! ». A commencer par la question impossible : comment Mère a-t-Elle accepté une proposition si entièrement différente, sinon contraire, à Sa vision, et où sont les preuves de cette acceptation ? Il semblerait en fait que tous les « changements » ne sont que des

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