Un Parcours
retrouvâmes un jour enfoncés dans le fossé, le capot dans les ronces, et tous deux pris d’un merveilleux fou -rire ! Je m’occupai aussi de plus en plus de ses besoins et de son confort et par exemple, je fis refaire l’intérieur de son petit pavi llon un peu délabré à Promesse ; et elle comptait de plus en plus sur ma présence active au service de Ganesha et de son jardin. En arrière, dans ma conscience, il y avait cette fatigue, pas une fatigue exactement, mais une perte de respect envers la plupart d’entre nous à Auroville, à force de devoir constater que les évidences les plus essentielles étaient soit ignorées, soit reléguées à un vague « plus tard » qui toujours s’éloignait. Nous n’avions pas tous les mêmes priorités ni les mêmes exigences, et la communication directe et consciente était trop rare pour irriguer du dedans le réseau que nous formions physiquement. Et j’avais peine à comprendre que des êtres qui essentiellement devaient être mes frères et sœurs puissent se prêter à des stratégies si grossières pour évincer ou chasser notre équipe, qui était désormais désignée comme l’adversité dont il fallait physiquement débarrasser l’atmosphère. Comment peut-on en venir à cette caricature et se satisfaire de jugements si simplistes et satisfaits sans jamais ressentir le moindre doute ou le moindre malaise ? Souvent je me reprochais de ne pas savoir utiliser le juste langage, de ne pas être capable de résonner dans les autres, comme si je n’étais pas de la même souche… Je fis en Janvier 2003 une autre tentative, en rédigeant à l’intention de Roger, ouvertement, quelques simples questions : « Comment expliques-tu la flagrante contradiction entre : ton concept architectural et sculptural d’un centre urbain d’une part, et le concept issu de Mère d’un sanctuaire protégé, dédié au silence et à la concentration, vibrant et plein d’harmonies vivantes, au cœur de la cité/collectivité ? Comment comptes-tu honorer les termes et l’esprit de Son rêve, tels qu’Elle les a décrits en 1965, puis en 1969/70 ? Comment justifies-tu la décision que tu as prise de détruire le travail de trente années dans les Jardins et dans la
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