Un Parcours

Ainsi chaque matin Kusum a marché de Promesse au temple de Ganesha et s’est occupée de sa statue de gr anite, de son sanctuaire et du petit jardin qu’elle réussit tant bien que mal à planter, en dépit des maraudeurs, aidée par les gérants de la ferme voisine, Bitti et G. qui lui envoyaient de l’eau par un tuyau dans le sol ; ceci fut sa routine, travaillant au dispensaire ou à la petite école pour les enfants du village de Morattandi l’après - midi, jusqu’à ce qu’elle nous rencontre, ayant demandé de l’aide pour faire souder la cloche du temple qu’un voleur avait essayé d’emporter ; alors, peu à peu, elle trou va les dimensions du service d’Auroville qui lui avaient manqué toutes ces années. Elle s’engagea surtout dans le travail de réception des visiteurs, et devint notre amie, notre sœur aînée, et presque notre mascotte. Ce qui suscita son élan d’expression fu t la tentative déclarée par les partisans de Roger de prendre le contrôle des finances du Matrimandir et d’exiger que toutes les donations passent désormais par un Fonds Central ; ce mouvement participait de la volonté de centraliser physiquement et psychologiquement tous les pouvoirs dans le nouveau bâtiment (« la mairie annexe ») qui s’érigeait à a lisière de l’aire du Matrimandir, par les fenêtres duquel les Auroviliens pourraient contempler à loisir la splendeur de leur « âme » et de son site sacré – un e antinomie, si l’on se réfère aux descriptions initiales de cette aire de silence et de concentration, toute ceinte d’un grand mur, peuplée de grands arbres et de lianes, que Mère en avait donné. Nous avions toujours veillé à ce que les relations avec les donateurs soient privilégiées ; le Matrimandir avait été entièrement financé par ces donations, petites ou plus importantes, venant de l’Inde ou d’ailleurs, tandis que les Auroviliens contribuaient leur service physique et intérieur ; Barbara s’était enti èrement dévouée à l’entretien de relations de qualité avec chaque donateur et il y avait comme un champ d’énergie établi, qui devait être respecté. Kusum était naturellement très attentive au maintien des termes profonds de toute relation au sacré et elle s’insurgea clairement contre cette tentative d’appropriation grossière et d’interférence, rappelant à tous la signification essentielle du terme « mandir », le temple de la Mère, et la nécessité absolue de respecter l’intégrité de la relation de chaque donateur à la Mère divine. Car le

560

Made with FlippingBook flipbook maker