Un Parcours

Hier soir j’ai eu si mal que j’ai téléphoné à Dinker pour lui décrire la crise et lui demander son avis : il m’a longuement expliqué que, durant l’opé ration il a dû nettoyer toute la paroi abdominale et intestinale, et ainsi le lubrifiant naturel a été asséché et il est possible que, pendant quelque temps, les intestins se collent ensemble ici ou là, causant de vives douleurs ; cela pourrait même causer une obstruction si le pli est trop serré, auquel cas il faudrait réopérer ! Voilà donc la situation ! Mais ce que je sens, ce que j’éprouve, ce qui me soutient, est que la joie dans le corps, dans la conscience du corps, est la seule vraie médicine ! Quelle est la position ? Aucune impulsion à « faire » - créer, réaliser, exprimer -, rien ne vient ; c’est un peu comme si j’étais arrivé au bout, et qu’autre chose s’était ouv ert, mais quoi ? Ce qui compte à présent, sans phrases ni tumulte, c’est quelque chose qui est en rapport à la fois avec le psychique et avec le corps ; et les valeurs, toutes les valeurs, en sont changées ; l’amitié, la tendresse, sans calcul, oui, la beauté, l’harmonie, oui… le don de soi, la liberté… Pourtant, la « bataille » se poursuit. En Août, Paolo put présenter son travail à toute la communauté, tandis que les émules de Roger s’empressaient de présenter leurs modèles et de dénigrer le sien. En Septembre, le groupe, ou l’assemblée des travailleurs qui se réunit chaque semaine, souvent dans le jardin non loin du Banyan, sous un arbre de la Sagesse que j’ai taillé, s’accorde à rédiger une lettre ouverte à l’intention du Comité gouvernemental, dont Kireet est toujours le président. (Comment les membres sont choisis et désignés par le Gouvernement central, ou par le Ministère des Ressources Humaines ou de l’Education, je ne saurais le dire précisément ; comment, par

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