Un Parcours
Le 20 aujourd’hui, je me suis rendu enfin au Samadhi, la douceur de tous ces visages familiers et de leurs sourires de salutation, la plénitude et la sécurité de la Présence… Je m’apprête à rentrer à la maison ; le corps est encore bien vulnérable et je redoute d’avoir à m’occuper trop vite des uns et des autres ; Kusumben m’affirme que je serai toujours un hôte bienvenu ; Deepti m’a apporté son travail au sujet de Mahasaraswati, c’est bien, je dois me concentrer dans ce mouvement intérieur de confiance. Ce soir, rentrant le long de la promenade, je me suis assis un moment sur l’un des blocs de granite qui ont été déposés le long du rivage pour arrêter l’érosion ; un jeune homme est venu s’asseoir juste à côté de moi, s’est présenté – Deepak, venu du Kerala, enseignant le Kathakali – et m’a vite fait comprendre qu’il souhaitait une intimité ; c’était surprenant, mais aussi clair et honnête et imbu d’une qualité de respect… Ce matin, soudainement, une douleur aigue dans tout l’abdomen, depuis l’estomac jusqu’au b as-ventre, comme des aiguilles partout ; je marche doucement, m’étend et respire, et ça se calme : la doctoresse à la clinique me donne des vitamines au déjeuner, « Neurobion ». Ce soir je rencontre Vijay sur la promenade, c’est simple et affectueux ; il m e dit qu’à son avis la cause la plus probable de cette culbute a dû être un ulcère qui tout à coup a perforé la paroi de l’intestin, ce qui aurait entraîné une infection de l’abdomen… Comment, pourquoi, on ne sait pas… Ce que je sais, d’un point de vue plus subtil, est qu’il y avait une sorte d’érosion qui gagnait du terrain, après des années d’attaques et de calomnies… Et alors, maintenant ?
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