Un Parcours
été clairement dit, comme un ordre direct venu de Douce Mère : « Suis Roger ». Qui donc pourrait douter de cet ordre ?!
Ce millénaire avait commencé par me rendre ma fille ! Auragni, ainsi qu’elle me l’avait fait savoir par une intermédiaire, attendait sa majorité – ses dix-huit ans – pour braver les interdits et venir me rencontrer (ce père monstrueux et dangereux contre lequ el on l’avait plus que prévenue) ; en l’an 2000, elle put donc franchir la barricade. Un jour, je me r éveillai avec le souvenir d’avoir en rêve vu Auragni arriver devant moi, vêtue d’une longue robe et les cheveux dénoués ; j’avais cru dans le rêve qu’elle était venue à Sincérité, cela se passait à l’entrée, sur le chemin. Ce matin là, après avoir fait mon tour des travaux et traité les questions d’organisation journalière, je m’étais assis à un établi dans l’atelier de menuiserie pour écrire dans mon cahie r ; je ne sais plus ce que j’écrivais, mais c’était assez absorbant et très tranquille ; alors je vis rouler vers nous, et s’arrêter juste devant le hangar, une jeune fille sur un scooter : Auragni ! Je me suis levé et approché d’elle, qui s’est lev ée aussi et nous avons alors fait quelques pas pour nous éloigner de l’attention générale et nous sommes tenus debout face à face, nous regardant et comme un rire montant dans nos yeux ; elle était vêtue d’une longue robe brune de coton imprimé, les cheveux dénoués sur ses épaules, ses yeux si clairs et si droits et, bientôt, la révélation de sa fossette sur la joue gauche ; belle, un peu courte comme sa mère, mais centrée, indépendante, courageuse et, aussi, tranquille… Ce fut la fête : Arjun et Deepti furent les premiers ici à célébrer ce rétablissement ! Et Colette, quand elle l’apprit, y trouva la confirmation de sa propre certitude confiante qu’Auragni me reviendrait.
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