Un Parcours
Diète d’eau minérale : nous avons tous les trois, semble-t-il, Colette, René et moi, attrapé une sorte de gastro-entérite contagieuse qui circule dans le pays…
Dans son incohérence, René est parfois animé d’une intuition fulgurante, dont il ne sait que faire ; il a dit ainsi, presque sans préambule : « le spirituel est terriblement matériel, pas une seconde ne lui échappe !... »
Susan m’appelle depuis Pender Island, où vit sa mère, au large de Vancouver ; elle semble s’y réadapter, pour y rester, je crois…
Dés que je m’éloigne, René redouble la mise, comme s’il avait deux visages : comment traiter avec çà ?
Nous sommes le 19 Janvier 2001, de retour à Auroville : presque instantanément, Colette retrouve son visage d’ici, sa beauté, son harmonie paisible et attentive ; Selvam nous attendait à l’aéroport et durant tout le trajet m’a rapporté les péripéties de ces dernières semaines ; en ce qui me concerne, les signes d’une campagne de diffamation sont assez évidents ; les effets du dernier cyclone sont aussi évidents, et du gros labeur de déblayage que Selvam, Bhaskar et quelques autres ont accompli…Et il semble qu’en mon absence, Ramalingam ait repris de l’ « autorité »… Je me demande si, maintenant que j’ai pu ramener Colette une dernière fois et que mon livre est publié, je pourrais tirer un trait et… quitter le corps ?
Des cordes tendues. Colette n’est pas bien.
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