Un Parcours
René a commencé à sourire, à rire et à jouer…
Toutes les attitudes morales face au « vieillissement » me semblent également révoltantes ; et pourtant, s’il s’agit de Colette, je l’encourage à s’unir à son élan intérieur de progrès, à croire en le pouvoir de l’harmonie, et elle émerge de cette dernière épreuve a vec un grand souffle de devenir…
Je regarde – avec tristesse – ces nouveaux ghettos, ces nouvelles démarcations identitaires, c’est à crier…
Le film que j’ai vu il y a deux jours, « Les yeux fermés », m’a bouleversé, par ce qu’à la fois il montre cette possibilité adorable de tendresse et d’amitié physique entre les hommes, comme la victoire d’une compréhension si profondément douce et fraternelle, collective et humaine, et toute la petitesse de l’égocentrisme qui trompe, nie et récupère, qui utilise et qui ferme. Malgré toutes les très bonnes raisons de se retirer de ces énergies et de leur champ, je demeure ancré à cette conviction – une soif brûlante, un besoin puissant comme de la braise vivante – que ces barrières doivent tomber à jamais ; que tous les hommes acceptent enfin cette tendresse entre eux, que toutes les femmes s’équilibrent enfin par cette connaissance mutuelle et ce soutien intime, et qu’hommes et femmes soient enfin délivrés du mensonge exclusif des rôles qui conditionnent et déterminent les lois de leurs rapports. Chaque jour, je sillonne la ville entière, dans tous les sens, des heures de marche continue, sans me lasser, d’un quartier à l’autre, d’une atmosphère collective à une autre, croisant tant de regards, absorbant tant d’émanations subtiles de l’expérience humaine, et parfois, le long d’un canal, ou bien sur les marches du Sacré Cœur où une petite troupe péruvienne se produit, ou pour boire une bière au comptoir, je me trouve là, sans extension, sans contexte personnel, sans relations, presque
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