Un Parcours

de telles relations ; ce qui est intéressant – à mon sens – est que, une fois atteint un certain seuil d’intimité, chacun de ces gars, à sa manière unique, se rend tout à fait disponible, sans aucune réserve, avec une sorte de joie enthousiaste et très simple, libre de toute jalousie, de toute attache, de tout calcul… Et j’en suis comblé ! Colette téléphone : les docteurs sont catégoriques, il faut opérer, ce sera la 20 Novembre ; elle souhaite que je vienne pour sa convalescence, afin de la protéger quand elle sera de retour de l’hôpital, et ainsi pouvoir se remettre suffisamment vite pour venir ici avec moi… Les billets sont pris, je pars le 25 de ce mois et Colette et moi reviendrons le 17 Janvier ; il y a un sentiment d’insécurité d ans l’équipe, cela fait plusieurs semaines loin d’ici, juste après cet épisode « épidermique »… Fin Novembre, Saint-Maur : j’habite à nouveau dans la chambre du haut du pavillon d’Aniéla ; Colette est en soins intensifs, l’opération, qui a duré plusieurs heures, a réussi, disent-ils, mais elle doit endurer le contrecoup, seule dans cet environnement médical ; nous passons des heures à trier dans toutes ces perceptions qui l’ont inondée, suite à l’anesthésie ; ses vrais amis, Pierre et Olga, ,confirment combien René a été pour elle un poids morbide au cours de toute cette année… Elle a eu une expérience très déconcertante lors de l’endormissement (ils utilisent du curare, semble-t- il), comme d’une déflagration dans tout le corps, comme si tout le corps était soudainement désassemblé… Ce monde médicalisé est révoltant ; en quelques jours, ces gens si bien-intentionnés feraient de ma Colette une vieille femme sénile, craintive et timorée !

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