Un Parcours

La police, me prévient- on, s’apprête à m’arrêter et l’une des plaintes est que j’aurais touché l’épaule du Gouverneur lors de sa visite : c’est du feu nourri ! Il y a des malentendus de tous côtés, tout est pénible… Himal vient me voir et me raconte comment les « jeunes » et en général les Auroviliens qu’il fréquen te habituellement voient notre comportement, et « souffrent » de notre mainmise, de notre volonté de vouloir faire avancer les travaux, comme si le Matrimandir n’était plus à eux et nous ne respections plus la communauté… Tous les griefs s’allient pour a voir ma tête, y compris mon répréhensible effort d’établir une éthique dans la régulation de l’accès à la Chambre, libre de considérations de privilèges sociaux – qui sont ordinairement acceptées et coutumières dans cette culture environnante -, ou bien de donner mon amitié à nos ouvriers… Il est tard quand je rentre et Ramalingam et Sumadhi m’attendent à mon tour de garde et Javier aussi, qui a besoin que je change son bandage… (Le cas de Javier est vraiment unique et ce n’est que ce soir qu’il me raconte ses antécédents corporels, alors que je commençais à m’inquiéter du peu d’effet de mon traitement : il est né à dix mois par césarienne et trois de ses frères sont morts en bas âge et sa mère est souvent en difficulté ; comment il est arrivé d’Espagne, je ne sais plus, mais je l’apprécie beaucoup, il n’y a rien de superflu avec lui et il émane de lui une grande douceur…)

Quoi que je fasse ou ne fasse pas, cela crée des remous et « dérange »… Devrais - je m’en aller ?

Cette sadhana, qui est à la fois individuelle et collective, exige une adaptabilité constante, aucune attitude ne peut suffire, les autres yogas sont simples en comparaison : là, le chemin est inconnu… L., ainsi, n’a pas su choisir le pouvoir harmonisateur progressif de notre amitié et voici donc encore un échec, encore une déroute, encore une victoire de la petitesse obscure…

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