Un Parcours

introduit la notion de subjectivité, en exprimant le souhait que je me sente libre de rendre mon propre témoignage.

Justement, l’existence même du Matrimandir implique de tendre par-delà cette dualité inhérente à notre condition : où est l’objectivité réelle – est-elle accessible ? La présence du Matrimandir, les demandes et les besoins de sa construction, jusque dans les détails les plus infimes, nous obligent à franchir des frontières, à contempler l’impossible, à se laisser saisir.

Mère un jour, dans une intensité de question, l’a formulé ainsi : ‘La seule objectivité, c’est le Suprême…’

Comme le Soleil, symbole du Divin, Matrimandir se tient au-delà de ces frontières ; et pourtant ce sont des corps et de la matière mentalisée qui le rendent tangible… Comme le Soleil, Matrimandir est un Fait gratuit – non mérité : un don pur, un présent de Présence pour tous et pour tout, sans distinction, sans préférence, un rayonnement qui jaillit d’une source inépuisable, exempte de jugement ; une Présence à la fois inaltérable, incontournable, et génératrice du Possible… Nous disons : ‘l’unité’ ; nous disons : ‘la vérité’… Mais l’unité ne se fabrique pas, la vérité ne se fait pas. Elles SONT. C’est à nous d’apprendre à disparaître dans le Sens, pour que se manife ste l’Etat qui est leur demeure naturelle. Ce n’est pas un stade ‘supérieur’ ; ce n’est pas un perfectionnement de notre condition. C’est un passage dans, ou de, la Présence. Nous nous accrochons à des symboles comme à des références sûres dans un paysage fragmenté. Mais Matrimandir a choisi d’être une sphère ; une plénitude à venir : une Force consciente, sans nom…

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