Un Parcours

pas du tout un domaine où je me sens, non seulement confortable, mais capable de contribuer utilement …

La préoccupation presque constante dans le quotidien est celle du manque d’argent ; il n’y en a jamais assez, toute action, toute nécessité demande de l’argent, on ne peut rien « faire » sans argent, Ravena a besoin d’argent, la maison de Barbara a besoin d’argent, les lieux ici ont besoin d’argent, A runa a besoin d’argent, Krishna… c’est une pénurie qui complique toute l’action, qui oblige à des demi-mesures qui elles-mêmes finissent par être plus onéreuses, conduit à gaspiller ou à mal utiliser ce qui est accessible et, surtout, qui consume l’attention inutilement… Je rêve et je vois, jusque dans les détails, le bâtiment que je voudrais construire pour le « Pavillon de France » ; cela m’est venu à la suite d’une réflexion de l’ami de J.F.D., sur l’urgence, selon lui, de manifester ces pavillons dans Auroville ; ce que je vois est un cube, dont l’intérieur est une grande cour bordée d’arcades , un peu comme un atrium, d’où s’élèvent les étages en gradins et dont la paroi extérieure est une série de promenades voilées… La pression pour terminer Ravena justement, sans rien bâcler, mais sans assez d’argent, me hante et me déprime tour à tour… Autant que possible, je vais aider au Matrimandir, rejoindre l’équipe et retrouver cette atmosphère dégagée, concentrée, tranquille, solidaire… Ce jour dit, le 8.8.88… malgré l’insistance de Krishna, je ne crois pas avoir rien senti d’extraordinaire… ! Mais aujourd’hui, le lendemain, depuis minuit jusqu’au début de l’après -midi, je fais marcher la bétonnière au Matrimandir ! Susan est en charge de donner les signaux à l’opérateur de la grue et Aruna aussi est venue aider la plupart du temps, tout le monde est concentré, donné à sa tâche, si toute la vie pouvait être de cette qualité !!! La sœur cadette de John et Susan est ici, tout son être émotionnel me semble comme familier, c’est curieux…

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